AISLF Tunis 2021

Plénière Sociologie tunisienne : conférence de M. Fethi RÉKIK

Diffusion le 12 juillet à 16h (heure de Tunis)

Photo DR

Fethi Rékik est professeur de sociologie à l’université de Sfax, directeur du laboratoire ECUMUS (État, culture et mutations des sociétés). Ses champs d’intérêt tournent autour de trois objets : la sociologie de la migration, dont la mobilité des étudiants dans l’espace euro-méditerranéen et subsaharien, la sociologie du travail et de la jeunesse (flexibilité du travail, employabilité des diplômés, etc.) et l’étude des processus de radicalisation et de dé-radicalisation.

De la centralité de l’État à la centralité du Lien

Fethi RÉKIK, professeur, faculté des lettres et des sciences humaines, université de Sfax, Tunisie

Résumé : La production de la première génération de sociologues tunisiens, des années 1960 et 70, s’est focalisée sur le développement conduit par l’État indépendant, érigé en acteur central se proposant de façonner la société. Mimant l’expérience de l’État-nation européen, l’État tunisien jette les bases de la citoyenneté via le travail dans sa variante évoluée : l’emploi. Mais le compromis fordien sur lequel repose la société salariale ne dure pas longtemps et l’on assiste au recul du rôle de l’État employeur et à la montée d’une économie parallèle fondée sur des réseaux de relations autres que celles des institutions modernes. Ainsi le regard est déplacé de la centralité de l’État vers une centralité des liens générant du travail. Déplacement qui n’est pas sans influencer l’évolution sociale et politique de la Tunisie post-révolution : un monde social reconfiguré moins sur la base de rôles stables et hiérarchisés selon un ordre méritocratique que sur des projets ponctuels mettant à l’épreuve des compétences relationnelles ; une perception du politique plutôt pragmatique et mouvante qu’idéologique et définitive.


VOIR LA SÉANCE