AISLF Tunis 2021

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Communication #1343 présentée dans le CR08 - Sociologie de la famille

Ce que le suicide d’un parent âgé fait aux familles

Mme Cherry SCHRECKER
Université Grenoble Alpes - Département de sociologie/Laboratoire PACTE | GRENOBLE - France

Résumé : Le suicide d’un parent âgé, comme d’autres expressions de mal être, révèle, cristallise ou exacerbe les tensions au sein du groupe familial (Pan Ke Shon et Duthé, 2013). De ce fait, le suicide met en jeu les normes et valeurs sous-entendues de la vie familiale, les attendus des membres les uns vis-à-vis des autres, et leur expression au cours de la vie quotidienne. Continuer à « faire famille » après le suicide implique souvent de revisiter les relations familiales et aussi, comme c’est le cas dans d’autres contextes, d’avoir « oublié beaucoup de choses » (Renan 1882). Dans les entretiens effectués dans le cadre de la recherche Suicidâge avec des membres de familles de personnes âgées suicidées, les personnes interrogées expliquent les circonstances qui ont pu motiver le suicide de leur parent et les réactions personnelles et familiales qu’il a entrainées. Si certaines personnes décrivent des relations harmonieuses, une grande majorité fait état de tensions, souvent durables, au sein de la famille, qui, si elles n’ont pas motivé le suicide, contribuent à l’expliquer et continuent à avoir un effet sur les relations post-mortem. Quant aux réactions vis-à-vis de la personne suicidée, elles sont souvent fort normatives, oscillant entre l’approbation de l’acte « courageux » ou même altruiste, la tristesse d’avoir été « abandonné » et des accusations de malveillance. Cette communication explorera la manière dont le suicide est intégré comme élément dynamique dans l’histoire familiale.